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étrangèreté

dim, juil 13, 2008

News, Une, psycho-socio

étrangèreté

C’est lorsque je suis profondément “moi-même” semble dire Camus, que je suis le plus universel. I like that…

“L’art est toujours étranger. Il se reconnaît à ce qu’il n’est obstinément pas nous. Ce qui en lui est universel, c’est son étrangèreté. Dans un monde sans frontières nous serions partout chez nous, quelle horreur ! Verlaine toujours : « Que me veut cet at home obèse ? » Proust est universel parce qu’il est, entre autres choses, très entre autres choses, merveilleusement français (et même français de Saint-André-des-Champs, pour parler comme lui). L’art qui naît universel n’est pas de l’art : au mieux il relève de l’industrie culturelle, au pis de la propagande (c’est souvent la même chose). La France intéressait le monde entier quand elle était profondément la France. Universelle, elle n’intéresse plus personne : tout le monde a aussi bien ou pire chez soi.”

(…)

La culture est un précieux instrument de desserrement du lien social. Elle enseigne à vivre à contretemps, à échapper au mimétisme, à aller voir des tableaux au musée d’Agen un jour de semaine et pas au Grand Palais quand Télérama et le 20 Heures ont décrété qu’il fallait s’y précipiter ; à visiter des châteaux déserts et silencieux le jour de la Fête de la musique. Elle sert à forger cette chose si rare : des individus.

Interview de Renaud Camus dans Le Point”

Photo © Lucille Reyboz

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jeanrem - qui a rédigé 345 billets sur jeanRem.


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