
Les journalistes étrangers sont interdits de séjour au Tibet actuellement. Les chars sont dans les rues de Lhassa, selon des visiteurs. Le gouvernement tibétain en exil appelle à une enquête de l’ONU et affirme que les émeutes de vendredi ont fait cent morts.
Un de mes premiers contact avec la culture et l’esprit tibétain date de la sortie du livre “Les cavaliers du Kham, Guerre secrète au Tibet“, de Michel Peissel, ethnologue, explorateur et écrivain français, qui m’avait particulièrement touché et mieux fait connaître la culture tibétaine. Artisan de l’indépendance du Tibet dès la première heure et aidé par sa connaissance de la langue Tibétaine, Peissel avait contacté les guérilleros tibétains, les farouches Kambas, qui ont combattu l’invasion chinoise pendant près de 15 ans, équipés de pétoires et de leurs courage, sur leur petits cheveaux fougueux, contre des chars et des milliers de soldats. Ce livre lui vaudra d’être temporairement interdit de séjour en Chine, en Inde et au Népal (après la mort de Mao Zedong, le Président Deng Xiaoping lui permettra par un décret de reprendre ses recherches au Tibet).
Je dis ça parce que, sans prétendre connaitre la culture tibétaine, loin s’en faut, je vois passer pas mal de papiers en ce moment, qui décrivent cette société comme archaïque et obscurantiste, avant l’arrivée des chinois. Ce qui peut être éventuellement vrai du point de vue social, mais pas culturel. Est-ce que ce n’est pas du haut de la haute idée que nous avons de notre culture occidentale que nous nous permettons ainsi de telles appréciations ? Il me semble que la question du rapport entre la Chine et le Tibet est si complexe, qu’il faut éviter de faire des jugements à l’emporte pièces, envers l’un ou l’autre. Même si la répression à balles réelles et la torture ne peuvent se justifier en aucun cas.
Dessin, © Patrick Chappatte; photo, © Michel Peissel
EDIT : China Blocks YouTube over Tibet Riot Coverage
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