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Néthique : le débat est ouvert

mar, oct 3, 2006

Oui !, Web Social

Communiqué : En janvier dernier, avec Les Humains Associés et Tristan Mendès France, et avec le soutien de Philippe Quéau, nous avions initié le débat sur l’éthique en ligne et l’éthique de la communication politique sur l’Internet, via l’initiative nethique.infowiki. Dans ce cadre, nous avons eu des échanges avec un certain nombre de personnalités et partis politiques, ouverts à notre proposition d’organiser un événement public autour de ce thème, dont nous étions convenus qu’il devait se dérouler à l’automne 2006. Cela concerne bien sûr les blogs, mais aussi l’Internet en général, les réseaux sociaux et le Web 2.0.

Le débat sera animé par le journaliste politique Sylvain Attal, en association avec l’Institut Pierre Mendès-France. Nous annoncerons au fur et à mesure les modalités précises (lieu, date, partenaires).

Ce débat sera organisé dans le cadre du Carrefour numérique de La Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris La Villette.

Si vous êtes intéressés, vous pouvez contacter :

Natacha et Sacha Quester-Séméon (Memoire-Vive.org) natacha _at_ memoire-vive.org
Tatiana Faria (Les Humains Associés) tatiana _at_ humains-associes.org
Tristan Mendès France (Institut Pierre Mendès France) tristan _at_ mendes-france.com



Je trouve l’initiative très pertinente. Je me disais que c’était un peu comme avec la Terre, avec les problèmes  d’environnement, de  pollution ou d’empreinte écologique. Il me semble que ce qui est vrai pour notre planète l’est tout autant pour notre environnement médiatique, culturel, en réseaux.  Ce sont des écosystèmes interconnectés. L’info-pollution, les comportements sur les blogs, le climat du Net, les droits d’auteur, l’e-gouvernance et l’e-démocratie, posent des questions similaires  à celui du changement climatique. Il faut s’en occuper maintenenat avant qu’il ne soit trop tard…

PS : j’ai commencé à lire :
L’éthique des situations de communication numérique, de Serge Agostinelli

L’Harmattan (25 mai 2005) - Collection : Communication et Civilisation - 218 pages - ISBN : 2747582663
L’objet de cet ouvrage est de proposer des éléments de réflexion sur l’éthique des situations de communication numérique. En effet, les phénomènes communicationnels jouent un rôle essentiel dans la construction de l’éthique, en tant que valeur culturelle. Dès lors, ce livre propose une exploration épistémologique, théorique, pragmatique, permettant d’une part, de mieux fonder notre notion d’éthique et d’autre part, de faciliter la compréhension des situations de communication numérique auxquelles sont confrontées les préoccupations sociétales.
Serge Agostinelli est maître de conférences, habilité à diriger des recherches en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IUFM d’Aix-Marseille. Son parcours de recherche est centré sur la question des rapports que tissent les hommes entre les connaissances et les usages qu’ils peuvent construire avec les NTIC.

(à suivre)

Premiers repérages sur ce thème en ligne :

Quelle éthique pour les bloggers ? De Dan Gillmor
Tous les bloggers ne font pas du journalisme. La plupart n’en font pas. Mais lorsqu’ils en font, ils devraient s’astreindre à respecter quelques principes éthiques.
Gillmor est auteur de « Nous, les médias : le journalisme " à la racine " par le peuple et pour le peuple » (O’Reilly Media, 2004).

Blog de Dan Gillmor

Colloque Éthique Numérique
Centre de Recherche en Information et Communication, Université Montpellier 1 – [mai 2003]
Exemples de thèmes abordés :
Représentation publicitaire d’Internet et éthique, Agnès Deléaval
L’éthique possible d’une intelligence informationnelle, Damien Bruté de Rémur
À la recherche de l’éthique perdue, Elise Daragon, Edwige Vercnocke

Mondialisation de l’information : usages et éthique
Michèle Battisti - Journée d’étude ABCD - Volume 40 : n° 1 / février 2003, p.26-28
Cette journée proposait de réfléchir ensemble aux enjeux politiques, juridiques et éthiques de la Société de l’information.
Texte intégral en pdf

Une «écologie de l’information» en construction
par Sergio Ferrari, Porto Alegre. – [Février, 2002]
Comment informer autrement dans une société dominée par l’audimat et la publicité?
Durant le Forum social mondial, plusieurs conférences et ateliers ont été consacrés aux médias. Les liens entre les journalistes, l’information, la technologie, la publicité et les lecteurs ont été disséqués. Echos.

Pour une écologie de l’information
De Éric Sutter - Volume 35 : n° 2 / mars 1998, p.83-86
Résumé : À l’instar de l’être humain dans son environnement naturel, l’usager - le citoyen - est confronté dans la société de l’information à des risques de dysfonctionnements, déséquilibres, abus, dévoiements et pollutions de toutes sortes. Cette situation n’est certes pas nouvelle - l’homme en a agité le spectre à chaque étape du développement des technologies de l’information - ni seulement explicable par la récente éclosion d’Internet. Il n’en reste pas moins que les "déséquilibres" actuellement se creusent, qu’une "pollution" s’installe, due à l’excès d’information, à la prolifération de données non validées ou de propos intolérables, à de multiples effets pervers, et que de nouvelles "pathologies" nous menacent. Filant cette métaphore, Éric Sutter expose ici ces risques d’info-pollution, de déséquilibres, de troubles du comportement ; et appelle, en réaction, la promotion d’une véritable "écologie de l’information" qui garantirait une offre équilibrée et organisée des connaissances.
Texte intégral en pdf

Université Rennes 2 : Les risques de "l’info-pollution" – [Sept. 2004]

La cybersurveillance dans les entreprises – [Fév. 2006]
Il semble légitime que les employeurs cherchent à surveiller si leurs employés travaillent de manière efficace, mais ont-ils le droit de les surveiller à leur insu, et peuvent-ils consulter les messages ou données privés des employés sans leur accord ?

Ce billet a été rédigé par:

jeanrem - qui a rédigé 345 billets sur jeanRem.


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1 Comments For This Post

  1. Pierre-Eric Says:

    Debattre autour de la Néthique me parait urgent, car l’action éthique ne doit pas se focaliser sur les seules problématiques environnementales, comme le souligne un des contributeurs de ce blog que je cite : “Il me semble que ce qui est vrai pour notre planète l’est tout autant pour notre environnement médiatique, culturel, en réseaux. Ce sont des écosystèmes interconnectés. L’info-pollution, … et l’e-démocratie, posent des questions similaires à celui du changement climatique. Il faut s’en occuper maintenenat avant qu’il ne soit trop tard…”
    Une grande escroquerie “morale” est en train de se mettre en place dans le monde des (plus grandes) entreprises avec ce que l’on appelle pudiquement “la Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE)”. La RSE, pour faire vite, consiste à obliger depuis 2002 les entreprises du 120 SBF de France à produire des rapports montrant leurs investissements et actions vis-à-vis d’un certains nombres de parties prenantes (ONG, institutions, lobbies, syndicats, etc.). Ces rapports “pipeau-paillettes”, pour la plupart mis en ligne sur le site web de ces entreprises, vantent les efforts des entreprises vis-à-vis de leur environnement naturel comme social. Mais ces rapports sont tronqués car il n’existe pas de normes exogènes ni d’instance indépendante et desintéressée permettant de juger de la véracité des informations qui les contiennent. Ces rapports n’ont pour principal objectif et principale conséquence que de faire remonter le cours de l’action, comme l’ont démontré un certain nombre de chercheurs en gestion qui se penchent sur le problème depuis 30 ans (et oui la RSE est né en 1973 aux USA…). Alors, les entreprises “socialement responsables, mais pas coupables?” Pas coupables des “downsizing” et autres “licenciements boursiers”, pas coupables de traiter leur salariés comme des “ressources” qu’on acquiert et dont on se débarasse du jour au lendemain sans états d’âme? Pas coupable de casser les logiques humaines de coopoération collective en surfant sur l’individualisme occidental et le capitalisme sauvage? Nous n’avons jamais assisté à un tel niveau de divorce dans la société française entre les citoyens et l’entreprise (je fais référence à l’excellent livre d’Hubert Landier “Divorce à la Française, comment les français jugent les entreprises” http://www.divorcealafrancaise.com). Quand les individus seront totalement dégoutés par l’entreprise jusqu’au point du non retour, que se passera-t-il ? Une révolution où l’on verra la “France d’en bas” couper les têtes de la “France d’en haut”, celle de la nouvelle noblesse du 21° siècle, i.e. les dirigeants aux golden parachutes? Une lente mais irrémédiable démobilisation des salariés consistant à être là sans l’être, c’est à dire présents, mais totalement désinvestis de leur entreprise, car il faut bien se nourrir…? Les salariés n’ont jamais été aussi démobilisés qu’aujourd’hui certes, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont tous démotivés par leur job ou par les relations sociales qu’ils entretiennnent directement avec leurs collègues et non leur délégué syndical (depuis que certains d’entre eux ont déchirés la carte de leur syndicat, écoeurés par leur immobilisme et idéologisme) car le travail est, quoiqu’en dise certains ultra-libéraux et autres post-soixante-huitards attardés pour la plupart syndicalistes retrogrades accrochés à leurs privilèges, constitutif de l’identité humaine.
    Dans ce contexte, le net et le réseautage sont pour l’expression des salariés une alternative possible au syndicalisme attardé et au patronat ultra-liberal. Le net peut leur permettre de se retrouver au delà des frontières de leur entreprise pour tisser des liens sociaux, partager leurs problématiques, échanger des solutions, voire pourquoi pas mener des actions collectives de respect de leurs droits et devoirs d’être humain, respectés comme tel, au travail. Le net peut également être un lieu de transparence de la part d’entreprises réellement “socialement responsables” à partir du moment où elles sauront ouvrir la frontière de leurs réseaux informatiques en laissant s’exprimer librement leur salariés ou en rendant public leurs observatoires sociaux (sans manipulation des chiffres!). A quand une instance autonome de mesure du climat social des entreprises, connectée à Internet? Nous n’en sommes certainement qu’aux balbutiements d’une nouvelle ère, le débat s’ouvre et ne demande qu’à se construire autour de la seule “chose” qui vaille la peine, l’Homme.

    Pierre-Eric

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