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Yvette Roudy parle de la place des femmes en politique

dim, avr 30, 2006

Oui !

roudy1.jpgNe pas rater cette lumineuse interview d’Yvette Roudy par Natacha (Mémoire Vive) sur l’appel des 143 rebelles anti-Ségolène Royal, qui récupèrent honteusement à leur compte le manifeste des 343 salopes paru en avril 1971. Elle les remet à leur place avec intelligence mais aussi ouvre des réflexions plus larges sur les femmes, le machisme, la violence symbolique, le respect des idées, et d’autrui. Elle sait trouver les mots avec la douceur et la fermeté, l’humour.

Avec son beau sourire, Mme Roudy nous invite à “faire de la politique autrement”. Un “effort de civilisation” possible qu’en abandonnant la politique politicienne des petits calculs opportunistes pour l’éthique de la responsabilité et de la conviction.

Un grand merci ;-)

Dernière minute (sam 20h) :

Les “responsables� du site 143 rebelles viennent de “reformater� leur pages en supprimant la quasi totalité des commentaires, qui critiquaient pour la plupart cette instrumentalisation du mouvement des 343. Quel scandale !

C’est cela leur idée du débat démocratique et citoyen !!!? On se croirait revenu aux heures calamiteuse du politburo, avec réécriture de l’histoire et suppression de toute critique.

Il ne s’agit même plus de gauche et de droite, de bataille d’appareil ou d’oppostion de personnes, mais d’éthique, de déontologie. Après avoir invoqué dans leur appel de hautes autorités historiques, c’est ce qui s’appelle une trahison de principes !

À lire aussi ici.

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7 Comments For This Post

  1. Denis Beaulé Says:

    Il ne faudra pas lâcher, hein. Car adviennent fréquemment des «échappées», un peu partout dans le monde, illustrant qu’il ne s’avère pas toujours facile pour ‘la’ femme de frayer sa voie en politique.
    Telles cette «maudite chienne!» ayant été murmuré entre ses dents par le PM du Québec à l’Assemblée nationale l’an dernier ; et une «nouvelle “chienne”» qui aurait été «aperçue» tout récemment aux Communes, à Ottawa, par l’«ex» de «celle-ci».
    À chaque enceinte parlementaire sa «chienne» (de service) ?
    Beaucoup d’évolution anti-sexiste à réaliser encore, donc…

  2. Denis Beaulé Says:

    «Faire de la politique autrement», il semble que cela pourrait se faire en posant nue, maintenant, suivant ce que vient d’en dire et de faire Juliette Binoche, alléguant qu’elle ferait oeuvre de militante (engagée) («féministe»?) en posant nue. Ce qui s’avère fort possible au demeurant. Elle aurait été convaincue - et voudrait convaincre à son tour - qu’on peut «changer le monde en parlant du corps différemment, en lui rendant son âme». N’est-ce pas merveilleux? Du coeur au ventre à l’âme au corps! Zarathoustra/Nietzsche, qui, comme Freud, aimait beaucoup les femmes, n’eût pu mieux dire! La nudité (féminine), donc, autant que le voile, pourrait côtoyer ou appeler du spirituel. Plus tôt, cette année, Angelina Jolie, qui, dit-on, lorgnerait du côté de la France, elle aussi, a dit parler énormément dans le bain. «C’est plus facile de parler lorsqu’on est nu. Soyez nus avec moi et je parlerai!» Comme on peut le voir, l’exposition (le dévoilement) de soi, au féminin du moins, en privé comme en public, aurait ou à tout le moins pourrait avoir des effets positifs. Qu’en conclure sinon que la Liberté est une grande et précieuse chose, et qu’il pourrait être tout aussi vrai que la beauté, féminine surtout (voilée ou dévoilée), «sauvera le monde», comme l’anticipait l’Idiot ?…

  3. Denis Beaulé Says:

    Et ça continue… On ne pourra pas dire que le nouveau président, lui, n,’en ferait pas de la « politique autrement ». Cela, il faut tout de même le lui «donner», le reconnaître. La vérité toute nue serait-elle en train d’advenir, jusqu’en politique même, grâce aux fresques ou frasques inédites du Président pas comme les autres ? Intéressamment, à la fin de la semaine dernière, ré-émergeait le haut de Miss France en l’actualité «politique». Qui, elle aussi, incontestablement, saurait en faire (faire) de la « politique autrement » !… Malheureusement ou par bonheur, le Président aura gagné haut la main, en popularité, sur celle-ci, au cours de la dernière semaine. Ce qui pourrait illustrer que si « la beauté sauvera le monde », elle ne l’en fera pas moins plutôt discrètement ou silencieusement ; pendant que celui-ci continuera à s’agiter bruyamment autour de «scandales» de mots à la con.

  4. Denis Beaulé Says:

    Si, donc, « faire de la politique autrement » peut (vouloir) se faire à la Binoche ou à la Jolie, nue, parce qu’ainsi on pourrait respectivement soit faire montre de militantisme engagé ou parce qu’on serait ainsi davantage disposée à s’ouvrir et, partant, à libérer davantage de vérité crue toute nue — ce qui s’avère être incidemment ce dont manque le plus le politique aujourd’hui la plupart du temps (ou) en la plupart des contrées –, il est sûrement tout aussi vrai à l’inverse que faire de la politique voilée serait également « faire de la politique autrement ». Qu’il pourrait y en avoir, là aussi, une « éthique de conviction »… N’est-ce pas ? Par où appert, une fois encore, qu’il n’est pas qu’UNE «bonne» voie d’appréhension du monde, qu’UN «bon» mode d’être au monde, mais bien plusieurs (possibles). Ou, sinon, s’il n’en est qu’un(e), il/elle serait multiple, alors. Cela, on le voit ici même en cette question du meilleur mode de ‘présentation’ au monde du féminin en politique. La question s’est posée tout autant pour Ségo qu’elle vient de se poser pour ‘Hillary’ et qu’elle continuera de se reposer indéfiniment. «COMMENT» une femme «doit»-elle ou «peut»-elle se ‘présenter’ au monde qu’elle souhaite représenter ? Sexuée (seulement) ou (aussi) sexualisée ?

    Il est dit dans le Coran qu’Allah saurait très bien distinguer la fille du garçon. Et, plus avant, dans le Pentateuque, on pouvait déjà entendre que gars et filles ne seraient pas censés se vêtir de la même façon. «Nous», maintenant, nous demandons au quotidien ce qu’il sied le mieux de ‘porter’ — cette question se posant plus fréquemment pour les femmes que pour les hommes — en telle ou telle circonstance, en tel ou tel contexte. Pourquoi une telle question se pose-t-elle davantage pour celles-là que pour ceux-ci ? C’est que, « hier encore », on pouvait lire comme définition de la femme en nos dictionnaires français : « personne du sexe ». Il semble que le XXIe siècle ne saurait guère, tout en changeant mots ou concepts, parvenir à changer cette réalité de différence des sexes, de différenciation sexuelle. À moins d’oser/vouloir aller jusqu’à changer la génétique même du genre humain.

    Si bien qu’on se retrouve encore, « hommes et femmes », suivant un titre d’Annie Leclerc, il y a deux décennies. Et, comme dit Johny Hallyday (ah, d’autres aussi l’auraient remarqué…), la femme, « c’est plus compliqué ». Pouvait-on, peut-on mieux dire ? Plus complexe, la femme (Freud même s’y «perdait») ; plus variable, plus variée (ce qui lui vaudrait, peut-être, de ne jamais devenir complètement avariée, elle, se renouvelant constamment, de manière écolo).

    Voilà pourquoi, en raison de cette diversité ou variabilité intrinsèque, inhérente ou immanente à la femme, il s’avère si «compliqué» ou «plus compliqué» de savoir ce qu’il en retourne de son meilleur mode d’être au monde possible. En l’aire publique. Politique notamment. Pudique? «Neutre»? Si «parler n’est jamais neutre» et que le corps ‘parle’, de même que tout ‘revêtement’ de celui-ci, autant reconnaître qu’il n’est point de «neutralité» possible ici. Choix, plutôt, seulement. Choix de son/sa mode d’être au monde. «Standard»? À la masculine? Au féminin? Androgyne? Sexy? Coquette? Etc.

    Et voilà pourquoi, donc, enfin, le mode d’être au monde de «la» femme ou de(s) femmes, en politique par exemple, peut, lui aussi, varier et revêtir une gamme presque infinie d’exposition ou de ‘couleurs’. À chacune ou à chaque collectivité-femmes de choisir lesquelles elles veulent privilégier, en un lieu-époque donné. Mais, chose certaine, il semble qu’elles y gagneraient — et que le ‘monde entier’ y gagnerait — à ce que ne se voit entravée aucune manière d’être décente ou légitime de présentation féminine de soi au monde. Au nombre desquelles se trouve, aussi, celle voilée*. Parce que non moins ‘légitime’, non moins décente, non moins rationnelle, non moins justifiable que celle non voilée. Et, surtout, plus encore, parce qu’elle représenterait une «alternative» «de choix», une sorte de pendant, de contrepoids possible à l’inévitable sexualisation (de surexposition celle-là), que d’aucuns décrient à raison souvent, susceptible d’être présentée en guise de valeur ajoutée à la séduction politique (la politique en appelant éminemment à l’art de la séduction). Puisqu’en laissant cette ouverture à une relative fermeture du (trop) paraître (au) féminin, on donne(ra[it]) la chance à toute femme de faire la preuve, par A + B, que ce ne saurait être en raison de (certains de) ses attraits/attributs/’atours’/atouts (plus spécifiquement) féminins qu’on aura[it] voté pour elle, mais bien, exclusivement ou de manière déterminante, prépondérante, pour sa «tête», ses idées, ses arguments, son coeur (compassion), son intelligence, sa personnalité, son programme (Projet), ses valeurs, ses idéaux, etc., etc., etc.

    Bref, oui, «la» femme peut faire un homme d’elle-même ou être, comme disait l’Autre…, «un Homme comme tout le monde». Mais elle peut aussi choisir de manifester, plus ou moins discrètement, subtilement ou ouvertement, cette féminité, cette sexuation qui sont siennes. Soit en les exhibant avec modération ou sans pudeur, ou encore, inversement, en les voilant le plus ou le mieux possible (leur relatif voilement manifestant, lui aussi, un ‘témoignage’ de ‘présence’ de féminin distinct du masculin ou de l’hommerie générique en soi). L’important semblant demeurer une souhaitabilité d’évitement de sexualisation (impropre) en des lieux, comme la politique, où une telle sexualisation «interférerait» avec les fonctions dévolues à ce lieu. Et ce tout différemment du (mi)lieu mode, par exemple, ou art, où, alors, la sexualisation de son mode d’être (de présentation/exposition) représente, tout au contraire, le plus souvent, lorsque c’est bien fait, une contribution à l’enrichissement du monde, par illustration de l’agréabilité de la belle diversité, de LA Différence et des différences, entre sexes et êtres.

    * « voilée » est compris ici comme évoquant du mi-voilé, bien sûr, puisqu’on voit mal comment on pourrait reconnaître/identifier quelqu’une qu’on ne voit pas du tout.

  5. Denis Beaulé Says:

    Faire de la politique autrement, c’est sûrement aussi tendre à se rapprocher de la «vérité». De par le monde, il n’est rien de plus commun que l’énoncé voulant que les politiques soient fourbes, menteurs. «Avant», n’était-ce pas à propos des femmes qu’on entendait le plus fréquemment ce (genre de) commentaire ? Voilà qui tombe bien. Car à partir de la sainte parole suivante :
    « Je voudrais les voir tout nus, dit Zarathoustra (dans “Des prêtres”), car seule la beauté devrait prêcher le repentir »
    et de son rapprochement avec un Événement (récurrent) ces mois derniers de l’actualité française, nommément les mensonges de Miss France…, jetons donc maintenant un regard renouvelé non seulement ponctuellement sur la politique mais plus généralement sur la philosophie même (y présidant — pouvait-il se présenter un terme plus à point, lorsqu’on songe aux mille mensonges répertoriés du président Bush vs la ‘vérité’ «brutale», choquante, au quotidien du président Sarkozy ?). Car ne fait-on pas de la philo avec des « tables de vérité » ? Peut-on concevoir la délibération ou la rencontre politiques sur base de mensonge, plutôt que de vérité ?

    Ainsi, on aurait en France un président qui « assomme » avec ses ‘vérités’ toutes crues, et une Miss qui [d]étonne par un rappel de tenues ténues (ou) toute nue (laisse-t-on entendre, car on est bien loin du compte ; il y a loin de la coupe à la coulpe ou à la croupe — on dirait plutôt un coup). Or, ce qu’il y aurait d’inacceptable ou d’inconvenant en la tenue de mademoiselle ne serait pas cette tenue-là même en soi, mais bien plutôt que pour pouvoir devenir (une) Miss Beauté France, il ne fallait/faut PAS qu’on se fût adonnée à ce genre de pratique. Quoique, en réalité, le «crime» allégué, attribué en ce cas-ci résiderait plutôt ou davantage en le fait d’avoir menti à ce propos, en affirmant n’avoir jamais fait cela (cela, de manière à pouvoir ’se qualifier’ au titre que l’on sait).

    D’où le Questionnement ici présent. Qui eût cru, en effet, qu’en faisant «cela», i.e. en mentant et en réussissant ainsi à être considérée la plus charmante Française « sur le marché » (libre), cette jeune personne allait ébranler les colonnes du temple ? C’est-à-dire, forcer un requestionnement en profondeur des statuts différentiels de la «vérité» et de la beauté, et surtout de leurs rapports respectifs dynamiques entre eux, notamment au chapitre de la prééminence présumée ou obligée de l’une sur l’autre. La «vérité» n’est-elle pas censée prévaloir ? Même lorsqu’elle n’est pas belle ? Et, de toute façon, la «vérité» n’est-elle pas «accrochée» nécessairement à la beauté, puisqu’il est dit, classiquement, que « mentir c’est pas beau » ? Voilà, donc, où l’on en est. Ou d’où l’on part.

    Mais, là, arrivent notre Zarathoustra, Dostoïevski (Grand Prédicateur de la Beauté devant l’Éternel s’il en fut) et la Beauté incarnée, Valérie Bègue (dont les initiales mêmes étaient d’ailleurs prédestinées, dirait-on, à induire un tel retour aux fondements onto-logiques du rapport à la vérité “through” la Beauté) ou, inversement, de celle-ci à/vers/par celle-là. Chez Zarathoustra, rien de plus facile que d’apercevoir en cette invite à la nudité, pour prédication de repentir, l’équivalent de la bien connue « vérité toute nue ». D’où équivalence, ici, entre nudité et vérité. Chez Dostoïevski, maintenant, éminent promoteur-défenseur de la Beauté salvatrice du monde, on assiste en direct à une profession (de foi) intégrale et sans pareille consacrant sans équivoque la primauté de la Beauté (celle du Christ) sur la «Vérité» (pour l’éventualité où celle-ci ne se trouverait pas en celle-là ou n’y correspondrait point). Puis arrive, enfin, cette VB (Valérie Bègue / Vérité-Beauté), qui, justement, concrètement, pousse en leurs derniers retranchements opposants et «partisans» de (la primauté de) l’une ou de l’autre (Beauté ou «Vérité»).

    ll y a peu de temps, on enseignait encore en philo qu’un argument n’en vaut pas un autre, qu’il en est un plus FORT que l’autre. Puis, récemment, serait advenue l’Esthétique. On s’est mis à se demander si celle-ci ne transcenderait pas la ‘force’ (’masculine’?) des arguments, en les doublant au chapitre ou au tournant de leur beauté (un argument pouvant aussi être plus beau qu’un autre). Par où (ré)apparaîtrait donc l’«essence» possiblement sexuée non seulement du discours mais aussi de la pensée même (Luce Irigaray — Speculum — aurait-elle vu juste - plus que Badinter, pour qui la femme n’est qu’un Homme comme tout le monde et, partant, à partir de qu[o]i on ne saurait reconnaître un mode de pensée - duel ou complémentaire - féminin/masculin) ? Il est, en effet, — et par là ici pénètre-t-on ainsi aussi à fond que possible notre sujet –, il est en effet des appréhensions du monde (de la pensée ou de l’éthique) semblant inconciliables ou irréconciliables, suivant qu’on l’appréhende au féminin — présumant qu’il puisse y avoir effectivement tel genre de dualisme — plutôt qu’au - jusqu’à aujourd’hui - (considéré) «générique» ou «neutre» ou encore «universel» masculin. Tel étant, par exemple, cette attitude sexuelle ou sexuée semblant vraiment différentielle ou différenciée eu égard, incidemment, notamment au mensonge. Pour l’homme-type, en effet, son approche masculine «mâle-virile» de la chose l’induirait à l’intransigeance : vérité d’abord, vérité au-dessus du «reste», même si cela doit faire «mal»… À l’opposé, entend-on comme un «cri» - plus féminin - qui se dit plus qu’il ne s’écrit - Parole de femme - en appelant à davantage d’HUMANITÉ, de ménagement, de délicatesse ou de «GÉNÉROSITÉ» même, de grandeur, donc, en quelque sorte, du mensonge, lorsque ‘nécessaire’, souhaitable ou estimé parfois préférable. Deux sexes, deux mondes. Freud, déjà, avait aperçu cette différence. En disant déceler en la femme moins de sens de la ‘Justice’ que chez son pendant mâle. Or, ce serait là très exactement ce face à quoi l’on se retrouverait concernant Miss France, depuis trois mois : a-t-elle eu «raison» de mentir ou, pour le formuler autrement en forme d’a posteriori, est-elle blâmable de l’avoir fait, considérant que si elle s’en était abstenue, la Beauté, la sienne, n’eût pu se voir manifestée au monde comme elle l’est, comme elle le fait maintenant, grâce à ce(s) mensonge(s) ? Comme on le voit, on se retrouverait ici/ainsi face à l’exact même dilemme que celui, dostoïevskien, tranché en faveur de la Beauté, au détriment, s’il le faut, de la vérité, afin de préserver de préférence celle-là, plutôt que celle-ci, si nécessaire, en vertu d’une éventuelle opposition (contradiction) insurmontable, indépassable. D’où, d’ailleurs, l’«écho», le retentissement effectifs déterminants advenus en ce cas-ci précis, de la part du «peuple» notamment (vox populi, vox dei), qui, lui aussi, tel Dostoïevski, aurait pris résolument parti pour la préservation de la Beauté — décrétant ainsi sa suprématie ou sa prééminence –, en «statuant» qu’il ne fallait pas rejeter, disqualifier ou se priver de celle-ci en raison d’un simple mensonge. La (rétention ou la continuation d’«accès» à la) Beauté devant prévaloir, donc, sur tout principe de ‘pureté’ associé plutôt à la vérité. Par où l’on voit qu’on serait passé ou qu’on aurait adhéré à une nouvelle éthique ou à une esthétique nouvelle ou encore qu’on considérerait préférable de faire prévaloir une sorte d’esthÉTHIQUE - toute nouvelle ou (ré-)émergente - sur une éthique ancienne-classique, considérée universelle, qui serait sensiblement «disqualifiée», «dépassée» ou à dépasser. Or, serait-ce «nouveau», cela, ou n’y a-t-il en fait « rien de nouveau sous le soleil » ?

    Qu’on veuille bien reculer quelques millénaires. Jusqu’à Salomon et son père, David. On verra là quelque chose d’assez «convaincant». Car, voilà là L’Exemple, longtemps avant Dostoïevski, illustrant que la beauté non seulement peut prévaloir sur la vérité, la justice ou l’honnêteté, mais engendrer même ensuite de l’Excellence, par-delà le bien et le mal (comme disait on sait qui, évoqué ci-dessus pour autre chose). En effet, on se rappelle, n’est-ce pas, qu’afin d’«avoir» la Belle (Bethsabée) pour lui, David avait fait placer son mari en position de se faire tuer. Or, de cette union combien lâche et illégitime, combien sale et rapine, sera né l’homme probablement le plus Sage de tous les temps, ce Sage qui avait su faire se révéler la… vraie mère d’un enfant en suggérant qu’on coupât en deux celui-ci. Si bien que, comme l’on voit, la vérité sera advenue, cette fois-là comme une multitude d’autres fois, génétiquement, de… mensonges préalables. D’une infamie première (le meurtre du mari de la Belle pour possession de celle-ci), sera née insigne sagesse ultime, universelle.

    Bref, pour en rester au paradigme du glaive salomonien proposé (en guise de «solution» à une impasse due au mensonge de l’une), ne nous devrions-nous pas de reconnaître que le «bien» ou le «bon», le «correct», ne sont pas quelque chose pouvant se trancher au couteau ? Que le mal a du bon ? Ou encore que le Beau pourrait transcender jusqu’au «Bien» même ou ÊTRE le bien suprême ? Nonobstant les méandres à la faveur desquels ou au sein desquels il serait susceptible de (se) ‘[com]plaire’, de se faufiler, de «faucher», d’in[tro]duire, d’acculer ou de contraindre-à-tolérer [le faux ou le «malin»] pour du bon ?…

    Pour conclure là-dessus, afin de faire remarquer, on ne peut plus concrètement, qu’il s’avère rien moins qu’impossible ou «improbable» qu’il puisse y avoir deux — plutôt qu’un seul — modes d’appréhension non pas de la vérité mais du monde, de la pensée, du monde de la pensée, de l’être même, sexué, qu’il suffise d’observer sur quelle(s) «base(s)» choisit-on ses fruits : beauté, fermeté. Qualités qui sont celles-là mêmes dévolues — « de toute éternité » — aux sexes. S’il ne devait y avoir qu’UN principe directeur prévalent, prééminent, ce serait l’une OU l’autre. Mais c’est bel et bien l’une ET l’autre, plutôt. Comme ici même on vient de dire bel ET bien. Le beau soit formant alliage avec le bien ou le subsumant, tout en le laissant subsister, en le réalisant à travers lui-même.

  6. denis beaulé Says:

    Et voilà qu’on aurait bouclé la boucle. Politique(ment) - féminine(ment) - autrement ? Et comment ! Suffit de voir aller Rachida Dati en ce lieu, haut perchée, cinq jours après l’on sait qu[o]i, pour en convenir tout de go.

    Par ailleurs, concernant l’autre aspect du ‘Phénomène’, ayant été appréhendé ci-dessus, i.e. le statut sexué (potentiellement) différentiel de la ‘V/vérité’, eh bien, on en aura eu deux beaux nouveaux exemples émanant, pertinemment, incidemment, de Miss Beauté, l’année dernière. Le tout dernier ressortissant à une vérité non même pour l’animateur masculin que pour la vedette Beauté féminine, (bien qu’on tendît censément de concert à la Convergence-en-choeur au coeur de leur[s] “business” puisqu’on pensait pareil et visait la même chose). Le dernier remontant, lui, à l’été dernier. Alors qu’une autre Miss — une ‘Grande’ (Miss Univers 2008) — aura, elle, accédé à ce titre après avoir énoncé gravement que : « Les hommes pensent que le chemin le plus rapide d’un point à un autre est la ligne droite, alors que les femmes savent que la façon la plus rapide d’arriver au but est en louvoyant ».

    ! ! !

    Voilà, donc, où les chemins (sexuellement différenciés/différents) se rencontreraient. En leur convergence de divergence. Ou inversement.

    Qui eût cru que ce serait une Miss Beauté qui nous [re]«sortirait» un jour cette ‘V/vérité’ ? Aurait-elle donc fréquenté Zarathoustra ? Qui disait, dans De la vision et de l’énigme : « Tout ce qui est droit ment, murmura le nain avec mépris. Toute vérité est courbée, le temps lui-même est un cercle. »

    ! ! !

    En un mot comme en cent, la philosophie (a fortiori la philo politique) est loin d’être achevée. La ‘tension’ entre ses pôles, masculin et féminin, ne serait qu’en voie de (s’apprêter à) naître. Il pourrait, donc, s’écouler des millénaires avant qu’on ne commence à s’y retrouver en ces arcanes-méandres. Car, à l’évidence, ce qui s’avère impensable ou impossible au masculin, s’avère pensable ou ‘réalisable’ au féminin. Le meilleur exemple de cela étant le viol. Qui, en certains cas (voir e.g. Hélène Deutsch), postulerait qu’une femme donnée éprouve des désirs de viol (i.e. d’être violée). Or, il y aurait là aporie, suivant une logique philosophique masculine (appelée ou présumée autrement universelle). Puisqu’en vertu de celle-ci, on ne peut désirer/vouloir ce qu’on ne veut/désire point. Or, tel serait pourtant le cas, parfois, au féminin. À tout le moins, côté affects (psychisme) ou «instincts». S’il en est ainsi - ‘là’, pourquoi ne pourrait-il en être de même ‘côté’ pensée, laquelle semble pouvoir être plus complexe encore ?

  7. denis beaulé Says:

    « Le plus grand mal est nécessaire pour le plus grand bien » ?

    C’est, en tout cas, ce que suggérerait ici, à son tour, la « Beauté incarnée » :
    http://www.cyberpresse.ca/vivre/mode/200901/22/01-820010-beaute-incarnee.php
    et, ’strikingly’, suivant les mêmes symboles ou métaphores que l’auteur-penseur de
    « Par-delà le bien et le mal » !

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